L’affaire des deux corps sans tête de Sainte-Engrâce (mai 1939), entre fait divers et mémoire.
Ce drame s’est déroulé dans une période particulièrement difficile, entre la fin de la Guerre civile en Espagne et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. En mai 1939, la violence fait irruption dans le quotidien d’une petite communauté montagnarde.
L’évocation de cette affaire nous a semblé une bonne occasion pour aller à la rencontre des habitants de Saint-Engrâce d’aujourd’hui. Une cinquantaine de personnes étaient présentes à la réunion organisée à la mairie, le 21 août 2023. Une petite groupe de marcheurs venu de toute la France était parmi nous ; ils avaient traversé la montagne sur les traces des combattants de la liberté et des hirondelles.
Les dépouilles des deux combattants républicains gisent quelque part dans la montagne. Il faut les arracher à l’oubli, et leur donner une sépulture digne. Ce projet a été évoqué à la fin de la réunion. Celle ci aura été nous l’espérons le point de départ d’un travail de mémoire entre Sainte-Engrâce, la Soule, la Navarre, l’Aragon.

Nous connaissons l’histoire des passeurs qui ont aidé des milliers de personnes à fuir l’Europe occupée par les nazis. En réalité dès 1936 et le début du soulèvement des généraux putschistes contre la république espagnole, la frontière entre les deux états est surveillée et traversée illégalement. On peut distinguer trois périodes :