IKERZALEAK

Etude, promotion et sauvegarde du patrimoine de la province de Soule en Pays Basque, de la préhistoire à nos jours

Denis Cassard (1931-2021)

Denis Cassard

Denis Cassard au milieu de son exposition Histoire du livre en 2011

« le commerce des hommes y est merveilleusement propre, et la visite des pays étrangers, […] pour en rapporter principalement les humeurs de ces nations et leurs façons, et pour frotter et limer notre cervelle contre celle d’autrui.
Je voudrais qu’on commençât à le promener dès sa tendre enfance, et premièrement, pour faire d’une pierre deux coups, par les nations voisines où le langage est plus éloigné du nôtre, et auquel, si vous ne la formez de bonne heure, la langue ne se peut plier. »
Montaigne Essais chapitre 26
Voici un extrait des Essais de Montaigne, que Denis Cassard aimait lire et faire lire, et qui résume plusieurs dimensions de sa vie : la curiosité, l‛ouverture d‛esprit, le goût pour les livres et les voyages, toutes choses qui nous font avancer dans la connaissance et la sagesse par la rencontre des autres.
Denis s‛est éteint le 26 août dernier à Tardets dans sa 90e année. Nombreux sont ceux qui gardent des souvenirs émus et des leçons de vie de leurs rencontres avec lui  : ses enfants et petits enfants tout d‛abord ; ses voisins de Sibas et des environs de Tardets, les membres des associations où il s‛est engagé. L‛hommage que nous proposons ici se limitera à évoquer le temps de sa retraite en Soule et sa participation à l‛association Ikerzaleak.

Parisien d‛origine et grand voyageur autant pour des motifs professionnels que par goût personnel, c‛est en Soule qu‛il avait choisi de s‛établir pour sa retraite. Lui et son épouse Niette Althabegoïty avaient fait de la maison Egurbidia, un atelier, une bibliothèque, mais surtout un lieu ouvert : à la famille, aux voisins, et à des personnes rencontrées dans des circonstances variées et devenues des amis.
Denis Cassard avait suivi avec intérêt le travail de l‛association Uhaitza. Mais c‛est à Ikerzaleak qu‛il consacra le plus de temps et d‛énergie. Depuis le début des années 2000, il participa à toutes nos réalisations : expositions, livres, recherches etc. Présent à toutes les réunions, il attendait poliment son tour pour prendre la parole. Et quand le moment était venu il le faisait avec calme et fermeté, comme quelqu‛un qui est habitué à être écouté. Quelquefois les choses n‛allaient pas assez vite pour lui. Il se retroussait alors les manches et commençait seul à réaliser ce qu‛il avait proposé. D‛autres bonnes volontés convaincues par sa détermination s‛engageaient à sa suite.
Il prit une part personnelle très active dans une exposition sur les outils anciens en 2005, dans deux expositions consacrées aux livres en 2011 et 2014. Il dirigea la publication de deux de nos livres dont Comment je me suis évadé d‛Allemagne, un beau témoignage écrit par Pierre Cocostéguy, prisonnier de guerre évadé en 1942. Denis avait cette particularité de s‛attacher autant à la réalisation matérielle de ses projets qu‛à leur contenu : à la fois artisan-bricoleur et érudit. Il savait associer son attachement à la Soule et l‛ouverture au reste du monde, et à la diversité des cultures.
Les membres d‛Ikerzaleak – et parmi eux l‛auteur de ses lignes -ont pu partager ses passions et ses centres d‛intérêt : les voyages, les livres, l‛éducation et la transmission. C‛étaient l‛occasion d‛agréables conversations ou d‛échanges de documents, d‛articles. Il montrait avec plaisir sa belle bibliothèque d‛ouvrages anciens. Il a même prêté quelque fois des livres de valeur pour être montrés à des élèves.
Son goût pour la transmission, l‛avait amené à participer à quelques travaux pédagogiques. Il avait par exemple proposé à une classe de seconde, un exposé sur le voyages de Jeanne d‛Albret. La passion du conférencier, la richesse des documents réunis avaient retenu l‛attention des élèves. Le sujet pourtant n‛allait pas de soi.
Denis Cassard nous a quitté, mais il reste présent par les objets qu‛il a fabriqués, les travaux intellectuels, les livres collectionnés et réparés, les nombreux souvenirs d‛amitié partagés ; et par les leçons que nous pouvons trouver dans l‛évocation de sa vie, à nous qui aimons la culture, qui souhaitons qu‛elle nous aide à vivre libres, heureux et ouverts aux autres.
Robert Elissondo

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